Badaboum Théâtre
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Petit Futé
à partir de 5 ans

Les Habits neufs de l’Empereur

Habits photo3 Joaquim Da Silva

Fraîchement arrivés dans le royaume d’un empereur fasciné par son image, fou de mode et de vêtements, deux escrocs se mettent en tête de lui soutirer sa fortune. Pour cela, ils imaginent un plan malicieux et font courir le bruit que deux fins tisserands revenant de contrées lointaines, ont appris une technique de tissage mystérieuse, leur permettant de confectionner un vêtement aux propriétés étonnantes… La rumeur ne tarde pas à arriver jusqu’aux oreilles du monarque qui mord à l’hameçon et convoque aussitôt les deux compères. S’en suit un déroulé de scènes cocasses où nos deux amis se jouent du pouvoir et de ses rouages pour mieux arriver à leurs fins.

Ce conte, un peu à part dans l’oeuvre d’Andersen, par sa drôlerie, contient une charge joyeuse contre les apparences du pouvoir, un peu comme une « grosse blague ». L’éclat de rire qu’il provoque dans sa chute a le pouvoir de nous rendre confiance en la Vérité et ses vertus collectives…
C’est une réflexion « morale et politique » sur l’apparence, l’art, le pouvoir, ses officiers. Et comment parfois nous acceptons de nous laisser délibérément berner par eux. Pour continuer nos vies de dormeurs tranquilles.

Du 18 au 26 mai 2018 :
Vendredi 18 mai à 14h30
Samedi 19 mai à 14h30
Mercredi 23 mai à 9h30
Jeudi 24 mai à 9h30
Vendredi 25 mai à 10h30 et 14h
Samedi 26 mai à 14h30
Réservation conseillée

Réservation
Notre jauge étant limitée, il est fortement conseillé de réserver vos places par téléphone au 04 91 54 40 71.
Le règlement s'effectue sur place, 1/4 d'heure avant le début de la représentation. Attention ! nous ne prenons pas la carte bleue.
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D’après H.C. Andersen, mise en scène Jonathan Bidot

Avec Magali Du Sartel, Nathalie Kousnetzoff et Jocelyne Monier

Scénographie : Thomas Lambillotte et Jonathan Bidot / Création vidéo : Thomas Lambillotte / Costumes : Elsa Cassili / Accessoires : Vincent Sojic et Julien Sabato / Création sonore : Stéphane Chapoutot / Inspiration Dramaturgique : Nathalie Kousnetzoff / Training : Mlle Grant

© Badaboum théâtre production

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  • Le pouvoir déshabillé

    Au Badaboum, «  Les Habits neufs de l’Empereur » est un conte riche, moderne et politique.

    Nouvelle création et nouveau succès au Badaboum, où Jonathan Bidot remet au goût du jour le conte d’Andersen Les Habits neufs de l’Empereur. Entre questionnement politique, personnages décalés et humour omniprésent, le spectacle possède de nombreux niveaux de lecture et séduit tous les publics. Y compris les adultes.

    II n’était pourtant pas aisé de raconter aux enfants cette histoire complexe où deux escrocs décident d’arnaquer un empereur obsédé par la mode et l’application de laque sur ses cheveux pour ne pas paraître « comme tout le monde ». Les compères lui vendent donc contre une importante somme d’argent une « tunique imaginaire » que les « nulos et les charlatans ne peuvent pas voir ». Forcément, pour ne pas perdre la face, chacun va en admettre l’existence.

     La France, une république ?

     Si le côté visuel est primordial dans la mise en scène de Jonathan Bidot (costumes colorés, vidéos judicieuses et utilisation de toute la longueur de la salle), l’ambiance musicale n’est pas en reste. On passe de la new-wave de Just an illusion, en ouverture, à la BQ de Benny Hill pour illustrer les allées et venues d’un gros ministre qui accumule les gouvernements et conscient de sa malhonnêteté. Les Habits neufs de l’Empereur vaut aussi par sa prise de position radicale sur le pouvoir: A la fin, pas de morale, mais la volonté des faux tisseurs de réitérer l’opération. « On ne va pas aller en Italie, le problème est déjà réglé. Mais en France… » et d’ailleurs: « Est-on sûr que la France soit une république et pas une monarchie ? » Des questions essentielles adressées au jeune public. II fallait oser.

    Cédric Coppola - La Marseillaise, décembre 2011

  • Faut-il dire au roi qu’on le voit nu quand il se croît vêtu ?

    Faut-il être malhonnête pour sembler loyal envers son monarque?

    Doit-on dire la vérité ou mentir pour rester dans une relation de séduction sujet-roi? Deux questions que pose le conte d’Andersen, Les Habits neufs de l’Empereur. Deux questions éternellement actuelles tant elles remuent des sentiments toujours complexes sur le roi ·et sa cour, le président et ses conseillers. Pour raconter, avec trois comédiennes, cette histoire aux enfants (à partir de quatre ans), au Badaboum Théâtre, Jonathan Bidot s’est amusé à appuyer sur les accents révolutionnaires (si si) et sur la veine sociale contenus dans le texte. Et ça marche sur les enfants: hier, iIs étaient quelques-uns à se gondoler devant ce puissant que l’obsession des belles fringues rend complètement fou. Fou au point de dépenser des sommes incroyables.

    Fou au point de se laisser bêtement arnaquer par deux rigolos qui viennent lui vendre une étoffe magique: les « nulos » ne la voient pas, seule la loyauté rend visible ce magique tissu. Dès lors, le piège se referme bien entendu sur ce roi stupide (« bling bling », sourit-on) qui serait bien capable de tout sacrifier pour posséder une célèbre montre de luxe avant d’avoir 50 ans si seulement on le laissait faire.

     Une bande-son peps

    Tous les messages sont clairs pour les enfants, sur la société de consommation sur les courtisans menteurs, sur la légèreté et sur la bêtise, aussi, qui poussent un roi à se montrer nu par crainte de passer pour quelqu’un de pas assez chouette pour voir l’étoffe. En revanche, quelques allusions politiques n’amusent que les parents: « Vous êtes bien naifs vous les Français qui croyez vivre en République », souffle le roi. Un dispositif scénique simple et joueur allège le propos, le rendant à la fois limpide et drôle. Le metteur en scène Jonathan Bidot use de la vidéo avec mesure et intelligence, nous emmène dans une bande-son qui accompagne le spectacle avec peps : on passe de Girls and boys de Blur à Celebration de Kool and the gang ou Summertime de Janis Joplin pour se quitter sur une étonnante imitation de Lady Gaga chantant Don ‘t stop make it pop.

    Olga Bibiloni - La Provence, le 22 novembre 2011

  • à propos… Les Habits neufs de l’Empereur

    Mise en scène et adaptation : Jonathan Bidot
    Avec : Magali Fremin Du Sartel Nathalie Kousnetzoff Jocelyne Monier
    Scénographie : Thomas Lambillotte/Jonathan Bidot
    Création vidéo : Thomas Lambillotte
    Costumes : Elsa Cassili
    Accessoires : Vincent Sojic/Julien Sabato
    Création sonore : Stéphane Chapoutot
    Inspiration dramaturgie : Nathalie Kousnetzoff
    Training : Mlle Grant

    L’HISTOIRE

    Fraîchement arrivés dans le royaume d’un empereur fasciné par sa propre image, deux escrocs se mettent en tête de lui soutirer sa fortune.

    Pour cela, ils imaginent un plan malicieux et font courir le bruit que deux ns tisserands revenant de contrées lointaines, ont appris une technique mystérieuse leur permettant de confectionner un vêtement aux propriétés étonnantes…

    La rumeur ne tarde pas à arriver jusqu’aux oreilles du monarque, fou de mode, qui mord à l’hameçon et convoque aussitôt les deux compères. S’en suit un déroulé de scènes cocasses, dans lesquelles nos deux amis se jouent du pouvoir et de ses rouages, pour mieux arriver à leurs fins.

    Ce conte, un peu à part dans l’œuvre d’Andersen par sa drôlerie, contient une charge joyeuse contre les apparences du pouvoir, comme une “grosse blague”. L’éclat de rire qu’il provoque dans sa chute a le pouvoir de redonner con ance en la Vérité et ses vertus collectives… C’est une réflexion “Morale et Politique” sur l’apparence, l’art, le pouvoir et ses officiers. Et comment, parfois, nous acceptons de nous laisser délibérément, berner par eux… pour continuer nos vies de dormeurs tranquilles.

    LE SPECTACLE

    Les Habits neufs de l’Empereur nous parle avec humour de tromperie, du pouvoir et des tentatives ridicules que font les hommes pour essayer de sauver les apparences…

    C’est aussi un conte qui parle de l’art et de sa puissance suggestive.

    Il traite contigument du politique (qui est autre chose que le pouvoir), de la communauté, de la croyance. Ici, non pas dans une perspective religieuse, mais en se posant la question de savoir comment les croyances fondent les communautés. A une époque où les communautés prennent une telle importance dans nos sociétés, il est fondamental de rappeler cette vérité : les communautés se créent autour de systèmes de représentations, c’est à dire de croyances.

    Parfois l’art sert ce système de représentation, le renforce, le nourrit, comme pour l’art religieux. Mais l’art peut aussi abolir ou suspendre le système, en jouant sur le brouillage des codes de la représentation, en substituant de nouveaux codes aux vieux, en inventant des codes inouïs. Cela crée une communauté éphémère autour de la représentation artistique, et détruit pour un instant, les vieilles croyances.

    Ce phénomène fugitif a le pouvoir de changer le monde car il injecte du singulier, de l’imaginaire, du neuf ! Pas de façon spectaculaire bien sûr, le spectacle vient d’avoir lieu ! Cela augmente nos capacités respiratoires…

    Cela peut sembler complexe comme appareil dramaturgie d’un spectacle jeune public… Oui c’est complexe ! Mais pas seulement, cela se veut aussi ambitieux…

    LES PERSONNAGES

    Les deux escrocs-tisserands…
    Ils sont presque plus simples que les ministres, ils représentent les figures de l’art, plus que celles de l’artiste. Ils ne pensent qu’à jouer, tromper, danser, escroquer, choses qui sont l’apanage de l’art si on y pense bien ! Leurs fins ne sont pas morales, ils n’ont pas de fins, ils ont juste faim. La faim des ventres, bien sûr, mais plus essentiellement, c’est la faim de l’esprit qui les guide dans leurs actes.

    …et l’ennui
    Ce qui les mène, c’est avant tout le désir de l’arrachement à l’ennui, qui préside à toute vocation artistique. C’est l’ennui face aux choses telles qu’elles sont alors qu’elles pourraient être autrement, c’est l’ennui face aux habitudes, la mort de tout art.

    L’ennui politique c’est la fin de la pensée et nos deux escrocs ne destituent pas l’empereur, ils remettent plutôt en marche la pensée, le jugement critique dans la cité.

    Les deux ministres

    Deux bibindomes, deux gures, deux costumes. Le premier est « super-intendant » ou ministre du trésor ou ministre de l’économie, le second est ministre de la guerre ou ministre de la sécurité ou ministre de l’intérieur. Ce sont des gures intemporelles du pouvoir, elles peuvent jouer comme archétypes. Dans la con- struction du spectacle, ces figures seront portées par l’un ou l’autre des interprètes à des moments différents…

    L’Empereur

    On peut imaginer cet empereur« bling-bling ». Au début du conte, il nous apparaît comme un fat, « … qui aimait tant les habits neufs, qu’il dépensait tout son argent à sa toilette. », un homme qui a une passion pour l’image et ses apparences. Mais c’est à travers cette passion (comme presque toujours ) qu’il est touché, et que l’on peut espérer, qu’il sera changé pour le meilleur de son peuple. Car il ne s’agit pas d’un homme ordinaire mais d’un empereur, c’est à dire d’une gure où l’intérêt particulier et l’intérêt commun se confondent. Ce qui est plaisant à la fin de ce conte, c’est que l’empereur n’est pas le seul ridiculisé, tous et partout doivent faire face à leur ridicule propre, à cause (ou grâce) du regard de l’enfant.

    D’ailleurs, l’empereur n’est pas destitué et l’on peut imaginer, et même espérer, que son aventure l’amènera à mieux gouverner, à devenir plus conscient de qui il est et des passions qui le traverse.

    Sa simplicité répond à la simplicité des escrocs, mais dans ce qu’elle a de primaire, c’est à dire entièrement offerte à sa passion. Cette passion des apparences semble répondre aussi aux apparences de l’art, puisque l’art ne travaille qu’avec ça : l’apparence, la forme. Toutefois dans l’art, l’apparence est au service du « propos ». alors que la passion de l’empereur pour la mode, nous apparaît d’emblée comme « hors propos ».

    L’enfant

    Pourquoi la figure de l’enfant est il un motif qui parle tant aux artistes ?! Je repense à mon enfance et à ce qui me manque de cette période, une époque où prendre un ascenseur, descendre un escalier mécanique, marcher dans la rue, nouer mes lacets étaient des aventures… Et plus que des aventures, de véritables expériences « existentielles ». L’ennui y avait sa place, mais il représentait surtout l’enfer auquel j’essayais d’échapper et qui me rattrapait inexorablement. D’où paradoxalement, les vertus de l’ennui car pour lui échapper, il fallait bien tenter d’éphémères inventions de mondes par… le Jeu !

    L’enfant, qui représente aussi une figure de l’art comme les escrocs, déchire par son regard et son absence de culpabilité, le voile des apparences de la représentation sociale. Il ne voit que les Apparences de « la réalité » et sa voix comme celle des artistes (quand ils le sont vraiment !), déchire le Mensonge du simulacre social…

    Tout comme les escrocs ou l’Art, l’enfant est une figure dangereuse pour l’ordre établi, une figure révolutionnaire, par le regard qu’il promène sur notre monde. L’enfant, comme l’art, est désarmé mais porte aussi la force de subversion du regard neuf ! Ils peuvent renouveler la société et nous purger des passions dont nous sommes les proies…

     

    MUSIQUE…

    J’écoute dans cette période de préparation beaucoup de musiques des années 70… Parce qu’il y a emprisonné dans la musique de chaque époque un peu de l’air du temps. Dans ces années là, la société était plus ouverte à l’espoir et aux libertés à venir. Il y avait une joie dans la musique des années 60, une insouciance, une inconscience sans doute aussi…
    Par ailleurs, l’homme était encore un homme, un citoyen et pas encore ce consommateur entravé par les fils et les réseaux technologiques que nous avons désormais accrochés aux pattes. Ce n’est sans doute pas un hasard qu’à cette époque soit apparu un nouveau phénomène musical : Le Disco et La Funk. Il allait de pair avec l’état du corps social et aussi avec le processus de libération des corps, dans leurs représentations symboliques et leurs pratiques ! Ainsi dans toutes les discothèques du monde, on s’est mis à danser Le Disco ! Cet air de liberté, cet air du temps, qu’on retrouve dans cette musique sera présent dans le spectacle pour en éclabousser le public…

    Perspectives

    Dans une perspective plus large et historique, ce conte questionne la façon de faire « les révolutions ». La révolution ici n’est pas faite par la force physique ou par la violence mais bien par la puissance de l’esprit qui réussit le tour de force de transformer le regard de ceux qui ne voient rien, où qui ne veulent pas voir la vérité toute nue sous leurs yeux…

    … DANSE

    Il y a à deux reprises dans le conte d’Andersen la visite de deux ministres aux deux escrocs, avant de rendre compte à l’empereur de l’avancement de leur ouvrage. A chaque fois que les ministres se présentent, ils ne trouvent que des métiers vides et des tisserands qui s’affèrent sur des cadres tout aussi vides ! Ces épisodes ne seront pas traités de façon réaliste : il n’y aura pas de métier à tisser, les escrocs ne feront pas semblant de tisser… ils danseront !

    De leur danse, mouvement de libération de leur corps, apparaîtra quelque chose qui n’existait pas, qui fera halluciner les ministres. Quelque chose existe! Il se pourrait même que les ministres, tout comme nous, face à une oeuvre d’art, tombent amoureux… On verra…