A partir de l’histoire imaginée par Pierre Gripari, trois comédiens conjuguent techniques, fantastique et réalisme.
Dans La poupée Scoubidou, trois comédiens (Magali Bazart, Olivier Chevillon, Thomas Moch), dirigés par Laurence Janner, jouent avec différentes formes d’expression. Avec un point de départ : l’imaginaire. Un chemin devenant océan, un bateau bravant les tempêtes, un requin multidimensionnel !
Tout commence dans une rue ensoleillée, riche des clameurs des commerçants : le boucher provençal amoureux de sa viande, la séduisante boulangère, l’épicier bonhomme et gaillard de nos villages, le médecin précieux et avide d’argent...
Peu à peu, cette rue (la célèbre rue Mouffetard en fait) devient le théâtre d’aventures étonnantes où l’on retrouve le fier requin glouton, une huître cantatrice endolorie, un capitaine de navire peu scrupuleux. Conjuguant les libertés de la bande dessinée aux possibilités du fantastique, le tout est confronté à la réalité du théâtre : le public pénètre dans la salle alors que les comédiens finissent de se préparer... Parfois, lorsque l’histoire est au point critique, un arrêt de jeu s’opère, l’enfant est rappelé au théâtre. A lui d’en croire l’adage : "Tout est possible !" D’autant plus possible que Scoubidou n’est pas une poupée comme les autres : elle a le fabuleux pouvoir de voir l’avenir !
Comme souvent, l’équipe du Badaboum théâtre s’est laissée guider par le regard que l’enfant pose sur le monde. Pierre Gripari, auteur français contemporain qui a écrit ce texte, possède cette innocence qui procure à ses lecteurs une délectation jubilatoire. Venu tardivement à l’écriture, il s’illustre comme l’un des meilleurs auteurs jeune public. De ses nombreux textes, nés d’improvisations avec les enfants de son quartier, le Badaboum théâtre a donc retenu La poupée Scoubidou des Contes de la rue Broca. Dans cette histoire-là, le merveilleux surgit du plus simple des objets, de la plus anodine des situations. On retrouve, dans la scénographie, la sympathique et pittoresque rue Mouffetard traduisant réalisme et fantaisie. Chaque élément du décor prend des significations, des tailles diverses, passant de l’échelle humaine, à la dimension des marionnettes, du gros plan serré de cinéma au plan large d’un voyage. Tout est sujet à manipulations et à de nombreuses transformations réalisées à l’insu et pour le plus grand plaisir du public.