Badaboum Théâtre
16, quai de Rive-Neuve
13007 Marseille
T. 04 91 54 40 71
contact@badaboum-theatre.com
Petit Futé
à partir de 3 ans

Blancheneige

Blancheneige photo5_1

Les comédiens sont au milieu du public, du duvet descend lentement pendant qu’ils content le début de l’histoire… Il neige et Blancheneige s’enfuit. Grâce à la complicité du chasseur puis à l’amitié des sept nains qui lui ouvriront leur maison, la jeune fille échappe à la jalousie de sa belle-mère.

Une atmosphère intime et délicate comme une veillée, pour un conte intemporel dont on ne se lasse pas.

Elle se mit à courir sur les pierres pointues et sur les épines,
et les bêtes féroces bondissaient à côté d’elle,
mais sans lui faire aucun mal.
Elle courut aussi longtemps que ses pieds purent la porter
et elle aperçut alors une petite cabane.

Du 12 au 21 février 2020.

Mer 12/02 – 14h30
Ven 14/02 – 10h30
Sam 15/02 – 14h30
Lun 17/02 – 16h
Mar 18/02 – 14h30
Mer 19/02 – 14h30
Jeu 20/02 – 14h30
Ven 21/02 – 10h

Réservation conseillée.
D’autres séances peuvent s’ouvrir à tout moment,
se renseigner au 04  91 54 40 71.

 

 

Réservation
Notre jauge étant limitée, il est fortement conseillé de réserver vos places par téléphone au 04 91 54 40 71.
Le règlement s'effectue sur place, 1/4 d'heure avant le début de la représentation. Attention ! nous ne prenons pas la carte bleue.
  • Distribution
  • Photos
  • Videos
  • Avis
  • Article de presse
  • Dossier de presse

D’après les frères Grimm

Mise en scène : Laurence Janner
Avec : Sandrine Rommel, Jonathan Bidot, Peggy Péneau et Anass Zine
Scénographie :
Francis R.
Costumes : Blandine Poulat et Gaëlle Bourre
Lumières : Richard Psourtseff

© Badaboum théâtre production
https://www.youtube.com/watch?v=yllFD4g8TwE

Laisser un commentaire

  • Qui est la plus belle ?

    Probablement les plus vieux d’entre nous, un peu aigris de ne plus pouvoir découvrir Blanche Neige, éprouveront du dédain pour ce conte archi-connu. Mais la magie peut opérer plusieurs fois. Ces histoires populaires (Grimm, Perrault, Andersen…) ont l’avantage de permettre et d’encourager différentes lectures. Accroupi au milieu des bambins, pour qui c’est jour de fête, je me dis que Blanche neige est vraiment belle. Le miroir dont j’ai toujours mis les capacités en doute est donc fiable. Il faut dire que ça a changé : maintenant, il est animé d’images de synthèses. De plus, connaître l’issue du drame renforce la tension. Trompée pour la troisième fois par qui vous savez (je ne veux pas dévoiler), Blanche Neige s’écroule, la pomme rouge de tentation à la main, le plus beau sourire du royaume aux lèvres, et exulte : « qu’elle est bonne ! ». insoutenable. Non seulement, elle punit toute l’humanité de son péché – cf. la Genèse – mais elle en est fière. Loin du manichéisme « les gentils et les méchants » de la première fois, différente de la relecture spirituelle « traversée du désert des tentations pour trouver la lumière », cette séance de Blanche Neige m’a envoûté. Visiblement, je ne suis pas le seul. Une petite fille se précipite vers son grand-père en criant « c’était génial ! ». Un enthousiasme dû pour partie à la mise en scène audacieuse, qui recours sobrement au multimédia. La pièce dure une heure pendant laquelle l’imagination est mise à contribution. Ainsi, de nombreuses situations sont suggérées, par les voix, le bruitage et la musique, venus de zones d’ombre. À nous de fournir une image. Pendant les applaudissements et que la reine chante « laissez-moi, je m’en fous » sur du trip hop, je me suis promis de revenir quand je serais grand pour comprendre la fin.

    Emmanuel Germond - Ventilo

  • « Blancheneige » et sept nains descendus du ciel

    Tourné vers l’œuvre des frères Grimm, éloigné de celle de Disney autant qu’il est possible de l’être, le  » Blancheneige  » de Laurence Janner est un petit bijou.

    Oubliez tout ce que Walt Disney vous a appris sur Blanche-Neige (en deux mots) dans son film très grandiloquent et néanmoins incontestable chef d’œuvre Kitch. Oubliez la reine, la belle mère, qui se transforme en sorcière par la magie d’une potion douteuse. C’est déguisée en paysanne que, dans le conte des frères Jacob et Wilhelm Grimm, la reine rend à la jeune fille la pomme empoisonnée. Pour mettre en scène « son » Blancheneige (en un mot), Laurence Janner puise la vérité aux sources des Grimm. Blancheneige est une fraîche  jeune fille un peu naïve toute décidée, dés qu’elle se trouve chez eux, à obéir aux nains. Une résolution que quelques tentations réduiront à néant.

    Câbles de mine

    La reine (époustouflante Sandrine Rommel), jalouse de sa beauté, parviendra à lui vendre un lacet en couleurs (pour mieux lui couper le souffle), puis un peigne empoisonné, planté dans ses cheveux d’ébène. Avant de l’inviter à croquer dans le rouge d’une pomme, fruit décidément associé à de multiples transgressions. On est plongé dans le conte tel qu’il est : simple et cruel. Et pour se tirer des pièges d’une histoire pas facile à ficeler, Laurence Janner a inventé des processus scéniques aussi drôles qu’inattendus : une partie de l’histoire est prise en charge par les comédiens qui tracent un cercle au sol en la contant face au public. La course dans la forêt (lorsque le chasseur, lui propose gentiment d’égorger à sa place un jeune Marcassin) est pigmentée par une projection vidéo mêlant végétaux et animaux sauvages. La maison des nains, nains dont l’image a été très peaufinée, est un banc à roulettes, taillé pour accueillir une Blancheneige allongée, avec des pièces de vaisselles en miniature, des lits de 15 cm. Les nains, des mineurs, descendent du ciel par des câbles semblables à ceux de la « salle des pendus », à la mine justement. Intéressant, le travail sur les voix, qui fusent, installent un climat. Le tout fait de ce spectacle une parenthèse intelligente à laquelle les enfants (dès 3/4 ans) adhèrent, la rendant interactive : « Attention, Blancheneige, elle est derrière toi ».

    Olga Bibiloni - La Provence

  • Le vrai goût de la neige

    Les frères Grimm dans le texte. Une mise en scène qui laisse toute sa place à l’imagination. Des comédiens justes, de corps et de jeu. Bref, une émotion pure, comme la neige…
    Il n’est que 14h30 mais l’heure est à la veillée. Un grand cercle de petits qui s’impatientent, papotent, mais très vite, dès que le noir tombe autour du grand tapis blanc, le silence se fait : des voix en écho et l’histoire commence à se dérouler. L’histoire de Blancheneige, en un seul mot, comme chez les frères Grimm. Avec un foie et des poumons de marcassins que Disney avait transformés en cœur de biche, pour faire plus joli.
    Avec une marâtre bien-sûr jalouse et orgueilleuse, mais aussi un brin cannibale et jamais sorcière (Sandrine Rommel, d’une démoniaque fraîcheur). Cette histoire, les trois conteurs, qui entreront doucement dans la peau de leurs personnages, nous la livrent en échos, installant une rare magie, sous les plumes-flocons. Un choeur soutenu par les cordes sensibles du musicien (contrebasse et cistre), marquant le drame dans ses à-coups et dans ses harmonies et ouvrant les portes à l’imagination.
    D’ombres projetées en marionnette, du miroir aux images numériques et morphing, les formes s’entremêlent sans heurts, parce que savamment dosées, avec des dizaines de trouvailles, des accessoires aux lumières, offrant des tableaux sensibles, sur le fond comme sur la forme (à l’exception de quelques scènes dans la maison des nains, un peu trop obscures). Drôle et intelligent, avec comme d’habitude au Badaboum (mais on ne s’y habitue pas, heureusement), un second niveau, qui frôle l’inconscient (les contes le forgent, Laurence Janner ne l’a pas oublié) dans la dimension sensuelle de ce « parcours initiatique » d’une jeune fille à la découverte du monde et d’elle même (le lacet, le peigne, la pomme…). Ici, incarnée de manière tout simplement évidente, charnelle et subtile, Blancheneige rencontre bien sûr son prince (le chasseur du début, et ce n’est pas par souci d’économie que les deux hommes ont le même visage). Mais elle danse avec lui sur une ritournelle trip-hop qui affirme « laissez-moi, je m’en fous ». Une comptine de femme libérée, pas vraiment disposée, après avoir déjà croisé sept hommes -certes petits- sur sa route, à se laisser enfermer, serait-ce dans un Palais…

    Denis BONNEVILLE - La Marseillaise

  • à propos… Blancheneige

    Mise en scène et adaptation : Laurence Janner assistée d’elma.vu
    Avec : Jonathan Bidot, Peggy Péneau, Solenn Risset, Sandrine Rommel
    Scénographie : Francis R.
    Costumes : Blandine Poulat et Gaëlle Bourre
    Séquences animées : Arcas
    Images vidéo : Nicolas Martin
    Lumières : Richard Psourtseff
    Régie et accessoires : Guillaume Amiard
    Merci à Sophie et Yza pour les petits pas…

    Après “Le Petit Chaperon Rouge”, j’ai continué mon travail de recherche autour du conte et plus particulièrement ceux de Grimm.
    Blancheneige est sans doute le personnage qui m’a le plus marquée étant petite. Je me souviens encore aujourd’hui de son visage “blanc comme neige, de ses cheveux noirs aussi noir que l’ébène et de sa bouche rouge comme le sang”. C’était l’illustration de la première page de mon livre d’enfant. Elle était pour moi un symbole de pureté.
    Beaucoup de gens ne se souviennent pas des contes dans leur entier : “J’ai oublié le début… “ “Je ne me souviens plus de ce passage…”. Mais il leur reste des images fortes autour desquelles ils brodent.
    Les contes de fée ont trait de façon imaginaire aux stades les plus importants du développement de l’individu, il n’est donc pas surprenant que l’un des plus connus soit axé sur les difficultés oedipiennes. Blancheneige ou comment une mère, la reine, essaie de détruire par jalousie sa fille qui devient de jour en jour plus belle qu’elle. Mais il s’agit aussi pour moi à travers ce travail d’ouvrir une trappe vers l’ailleurs, une trappe par laquelle l’imagination peut fuir.

    LE DECOR
    C’est le plein hiver “quand les flocons descendent du ciel comme des plumes et du duvet”. La neige sera présente comme une trace de virginité, du divin. La blancheur, symbolique de la pureté de Blancheneige, de son caractère encore asexué, est liée au froid, à l’absence encore de sensualité. Ce blanc représente la couleur de celle qui va changer de condition, couleur de passage au sens où l’on parle de rites de passage. Dans les rites d’initiation, le blanc est la couleur de la première phase, celle de la lutte contre la mort ; c’est la couleur de l’aube.
    Dès le début, les comédiens sont assis au milieu du public, du duvet descend lentement du ciel pendant qu’ils content la première scène. Au sol, une surface blanche aux formes arrondies, des coussins blancs et ronds et des tentures blanches sont tendues derrière les spectateurs. Blancheneige et le chasseur évoluent dans ce même espace qui se colore de taches brunes et vertes jusqu’à la fuite de Blancheneige soutenue par une projection vidéo sur le sol et sur Blancheneige elle-même symbolisant sa fuite dans une forêt sans repère : forêt qui ne lui est pas hostile mais qui la prend, l’accepte et à laquelle elle se livre.
    A l’opposé, la maison des nains représente une ouverture au monde sensible, un éveil des sens.

    LES PERSONNAGES
    La Reine, belle-mère de Blancheneige, sa mère symbolique, femme très belle et malfaisante, ne peut supporter d’être supplantée en beauté par sa belle-fille. Elle n’hésite aucunement à recourir au crime pour parvenir à ses fins. Elle va jusqu’à dévorer le foie et les poumons de Blancheneige pour s’approprier sa beauté : est-ce Lucifer.
    Le Prince représente la figure du père, du chasseur. Ce Prince Charmant est le symbole d’une perpétuelle jeunesse de visage et de corps.
    Les 7 Nains ou gnomes (de gnôsis, connaissance du divin) représentent les sept couleurs de l’Arc-en-ciel, les sept jours de la semaine, les sept planètes. Chaque nain a d’ailleurs le caractère de la planète qui le domine. La mine dans laquelle ils travaillent est un creuset où les minerais mûrissent, où le bronze devient or. Génies de petite taille qui habiteraient sous terre et détiendraient les trésors des pierres et des métaux précieux, ils sont dans l’âme humaine comme des éclairs de connaissance, d’illumination et de révélation.

    La pomme est un fruit de science, de magie et de révélation. Manger la pomme, c’est abuser de son intelligence pour connaître le mal, de sa sensibilité pour le désirer, de sa liberté pour le faire.
    J’ai voulu pour ce spectacle une scénographie en lien avec le conte, l’oralité, évoquant l’atmosphère intime de la veillée. J’ai souhaité que les comédiens à la fois narrateurs et personnages créent avec les spectateurs un lien réveillant la mémoire, propre à la transmission du récit.

    Laurence Janner