Badaboum Théâtre
16, quai de Rive-Neuve
13007 Marseille
T. 04 91 54 40 71
contact@badaboum-theatre.com
Petit Futé
à partir de 3 ans

Tabagnino, le petit bossu

Tabagnino, petit bossu, est un pauvre savetier à qui personne ne confie jamais la moindre chaussure à réparer. Tant et si bien qu’un beau jour il décide de s’en aller, chercher fortune ailleurs. Il prend la route mais le soir venu, n’ayant aucun endroit où se mettre à l’abri, il frappe à la porte d’une cabane dans la forêt. Une femme lui ouvre et lui apprend qu’habite ici L’homme Farouche, un mangeur de petits humains, qui sème la terreur partout dans le royaume. Tabagnino, courageux et malin, comme le diable, réussira avec l’aide de l’épouse de l’ogre à échapper à celui-ci…

Ce récit appartient à la catégorie des contes pour enfants dits d’initiation. Il met en scène Tabagnino, un petit être en devenir, mal dégrossi, qui, pour devenir lui même, doit surmonter une série de péripéties. Celles-ci le confronteront à un ogre et à sa femme, puis au roi du Portugal, nommé « Sacrée Couronne ». Cette « trinité » symbolisant le monde des adultes, Tabagnino devra l’affronter pour accéder à la communauté dont il est exclu au début de l’histoire.

Nous avons voulu créer un spectacle à l’usage de tous mais plus spécifiquement à celui des tout petits, dès 3 ans. Dans cette histoire, l’enfant peut s’identifier à Tabagnino, être empêché, qui part en quête d’objets magiques, détenus par un géant, L’homme farouche. Il devra alors surmonter trois épreuves qui chaque fois le rendront plus fort, jusqu’au triomphe final qui le verra consacré par « tous les gentilshommes du royaume ».

Par la simplicité de l’histoire et la répétition des épisodes (par 3 fois, Tabagnino doit retourner chez L’homme Farouche pour subtiliser un objet magique sur les injonctions de “Sacrée Couronne”), ce conte parle directement au cœur des jeunes enfants et les rassure quant à leur propre développement.

Ce qui est dit implicitement aux jeunes psychés c’est : « Soyez rassurés ! Quelles que soient les épreuves auxquelles vous, petits êtres, serez confrontés, vous saurez trouver le moment venu, le moyen de les surmonter, de vous hisser dans ce monde qui vous paraît aujourd’hui démesuré, un monde de Géants ! ».

Du 18 février au 2 mars 2019 :

Lundi 18 février – 16h
Mardi 19 février – 14h30
Mercredi 20 février – 14h30
Jeudi 21 février – 14h30
Vendredi 22 février – 15h
Mercredi 27 février – 14h30
Samedi 2 mars – 14h30

Réservation conseillée.
D’autres séances peuvent s’ouvrir à tout moment,
se renseigner au 04 91 54 40 71.

 

Et en extérieur :
Mardi 18 décembre à 9h, maternelle St-Charles (13003)
Lundi 25 mars à 9h30, école de Couteron /Aix-en-Provence

 

Réservation
Notre jauge étant limitée, il est fortement conseillé de réserver vos places par téléphone au 04 91 54 40 71.
Le règlement s'effectue sur place, 1/4 d'heure avant le début de la représentation. Attention ! nous ne prenons pas la carte bleue.
  • Distribution
  • Photos
  • Videos
  • Avis
  • Article de presse
  • Dossier de presse
Adapté d’un conte populaire napolitain transcrit par Italo Calvino et inspiré par le travail de Basile Giambattista.
Mise en scène : Laurence Janner, assistée de Magali Bazart
Avec : Jonathan Bidot, Magali Du Sartel, Samir El Karoui
Scénographie : Olivia Tournadre
Costumes : Elsa Cassili
Musique : Jérôme Guitard
© Badaboum théâtre production
www.youtube.com/watch?v=0eqZK_GILxg

Laisser un commentaire

  • « Tabagnino », un conte sur le monde de l’argent

    Au départ de cette création, il y a le travail de collecte de contes italiens de tradition orale réalisé par Italo Calvino, pour une radio, dans les années 50. « Ce qui l’intéressait dans le conte, explique Laurence Janner, directrice du Badaboum et metteur en scène, c’était d’accéder à un public populaire ». Le philosophe et écrivain italien, mais aussi fabuliste plein d’humour, publie ainsi en 1956, environ 200 histoires séculaires réunies dans huit gros volumes, mais seulement quelques contes sont aujourd’hui traduits.

    Tabagnino, littéralement « le petit bossu », est un de ceux-là. Il s’inspire d’un conte de Basile Giambattista, un autour napolitain du XVIème siècle qui a fait figure de référence pour Charles Perrault ou encore les frères Grimm. « Mais Italo Calvino n’aimait pas l’écriture de Giambattista qu’il trouvait vulgaire », poursuit le metteur en scène. La version sur laquelle s’appuie le Badaboum livre ainsi une langue populaire et assez simple : « c’est vert » confie l’équipe. Surtout, elle raconte une histoire résolument contemporaine dont le point de départ est la crise.

     

    Tabagnino, petit et bossu, est en effet un pauvre savetier qui ne fabrique pas la moindre chaussure, faute d’argent. Décidé à chercher fortune ailleurs, il se lance dans un parcours initiatique durant lequel il devrai surmonter une série de péripéties, pour devenir lui-même. Celles-ci le confronteront à un ogre qui symbolise autant « le monde de la consommation que les peurs des enfants » et le roi du Portugal, une sorte de « banquier » qui incarne « le monde de l’argent », souligne Laurence Janner. Tabagnino devrai alors surmonter trois épreuves qui à chaque fois le rendront plus fort, jusqu’au triomphe final.

     

    Pour rendre compte de ce cheminement cyclique, la scénographie oscille entre trois espaces : le temps du voyage pendant lequel on voit le héros se redresser jusqu’à perdre sa bosse, la maison de l’ogre rouge et inquiétante et le palais du roi du Portugal, froid mais clinquant. Pour porter ce parcours « humain et universel », trois comédiens endossent cinq personnages (Jonathan Bidot, Magali Fremin du Sartel et Samir El Karoui incarnant le bossu) dans des costumes qui brouilles les pistes de la temporalité, pour faire résonner un peu plus cette critique de la société libérale.

     

    Dans le conte, cette société argentée, c’est aussi la représentation du monde des adultes, un monde de géants, dans lequel chaque enfant devra un jour faire son entrée.

    A.K. de La Provence -

  • « Tabagnino », un spectacle initiatique pour les enfants

    Présenté au Maroc en avril dernier, alors que le Badaboum se trouvait au Maghreb dans le cadre d’un projet de création « Batbout » articulant deux cultures et deux théâtres (contemporain et traditionnel), « Tabagnino, le petit bossu » est donné pour la première fois sur sa scène originelle, jusqu’à samedi.

     

    Dans ce conte italien de tradition orale transcrit par Italo Calvino et inspiré par le travail de Basile Giambattista, il est question d’un monde régi par l’argent, où les artisans ne trouvent plus d’emploi (comme Tabagnino, un savetier à qui personne ne confie jamais la moindre chaussure à réparer) et où les banquiers (incarnées par le Roi du Portugal) s’en mettent plein les poches, de façon pas toujours honnête. A ce propos, on adore le personnage « cocaïné » interprété par Jonathan Bidot qui, à chacune de ses apparitions, surgit sur scène en costard gris brillant avec des lunettes dorées, sur des bruits de tiroirs-caisses.

     

    Evidemment, les plus jeunes ne saisiront pas toujours la critique acerbe de la société libérale mais suivront avec attention le parcours initiatique du « petit bossu » qui, au fil de l’histoire, se redresse, pour se tenir, à la fin, tout à fait debout. De savetier désargenté, le très malin Tabagnino, qui parviendra à se sortir d’affaire de chaque épreuve, finira par se marier avec la fille du Roi du Portugal. Cette ascension sociale fait alors écho au propre développement de l’enfant qui apprend, bon gré mal gré, à grandir. La structure en triptyque du conte, portée par une scénographie légère et astucieuse (c’est-à-dire un décor pivotant qui incarne, dans ses variation, le voyage de Tabagnino sur une musique italienne entraînante) permet la compréhension de l’histoire. Par la répétition, les enfants identifient en effet davantage les différents lieux et personnages qui s’y trouvent, ainsi que les intrigues qui s’y jouent.

     

    Outre le Roi, la princesse et le héros qui s’émancipe, ce conte reprend aussi la figure de l’ogre (L’homme farouche) avec sa femme, qui enferme à lui tout seul toutes les peurs d’enfants. Mais la mise en scène de Laurence Janner et le jeu au poil des comédiens (Jonathan Bidot, Magali Du Sartel et Samir El Karoui) rendent les situations surtout très drôles. Les enfants peuvent avoir peur mais ils s’amusent surtout de leurs craintes. Ce n’est pas cela, finalement, grandir ?

    A.K. de La Provence - 28/05/2015

  • à propos … Tabagnino, le petit bossu

    L’HISTOIRE

    Tabagnino, petit et bossu, est un pauvre savetier à qui personne ne confie jamais la moindre chaussure à réparer. Tant et si bien qu’un beau jour, il décide de s’en aller chercher fortune ailleurs. Il prend la route mais le soir venu, n’ayant aucun endroit où se mettre à l’abri, il frappe à la porte d’une petite maison dans la forêt. Une femme lui ouvre et lui apprend qu’habite ici L’Homme farouche, un mangeur de petits humains, qui sème la terreur dans le royaume. Tabagnino, courageux, réussit cependant à lui échapper, aidé en cela par L’Epouse de l’ogre. Il trouve alors refuge chez le Roi du Portugal, qui lui ordonne de retourner chez L’ Homme Farouche, de lui ravir l’un de ses trésors et de le lui rapporter. L’insatiabilité de Sacrée couronne, n’aura de cesse de le renvoyer derechef dérober un nouvel objet de valeur, mettant ainsi chaque fois Tabagnino, en danger de périr.

     

    BASILE GIAMBATTISTA

    Né à Naples dans une famille de la classe moyenne, il fût courtisan et soldat auprès de plusieurs princes italiens, dont le Doge de Venise. Selon Benedetto Croce il serait né en 1575, alors que selon d’autres sources il serait né en 1566. Il commence à écrire des poèmes à Venise, puis retourne à Naples pour servir comme courtisan sous la protection de Don Marino II Caracciolo, prince d’Avellino à qui il dédie son idylle L’Aretusa en 1618. À sa mort, il devient Comte de Torrone. Il est surtout renommé pour avoir écrit un recueil de contes napolitains intitulé Lo cunto de li cunti overo Lo trattenemiento de peccerille (ce qui en napolitain signifie « Le conte des contes ou Le divertissement des petits enfants »). Ces contes ont été publiés en deux volumes, après sa mort, par sa soeur Adriana en 1634 et 1636 sous le pseudonyme de Gian Alesio Abbatutis. Basile Giambattista a recueilli et adapté des contes issus de la tradition orale européenne. Charles Perrault puis Jacob et Wilhelm Grimm ont par la suite repris la structure de certains d’entre eux comme Cendrillon, Le Chat botté, Peau d’âne, Les Fées, La Belle au bois dormant ou Hansel et Gretel, pour ne citer que les plus célèbres d’entre eux.

    LE PROPOS

    Italo Calvino chargé par la radio nationale italienne de recueillir des histoires séculaires, s’inspire ici, d’un conte de tradition orale de Basile Giambattista, Tabagnino, littéralement, le petit bossu. Ce récit appartenant à la catégorie des contes pour enfants dits d’initiation, met en scène Tabagnino, un petit être en devenir, mal dégrossi, qui, pour devenir lui même, doit surmonter une série de péripéties. Celles-ci le confrontent à un ogre et à sa femme, puis au roi du Portugal, Sacrée Couronne. Cette « trinité » symbolisant le monde des adultes, mais aussi la société libérale, Tabagnino devra l’affronter pour accéder à la communauté dont il est exclu au début de l’histoire. Faisant de cette fable un conte éminemment politique. Nous avons voulu créer un spectacle à l’usage de tous mais plus spécifiquement à celui des plus petits, dès 4 ans. Dans cette histoire, tout enfant peut s’identifier à Tabagnino, être empêché, qui part en quête d’objets magiques, détenus par un géant, L’Homme farouche. Il devra alors surmonter trois épreuves qui chaque fois le rendront plus fort, jusqu’au triomphe final qui le verra consacré par « tous les gentilshommes du royaume ». Ce conte, par la simplicité de sa structure et la répétition des épisodes (par 3 fois, Tabagnino doit retourner chez L’Homme farouche pour subtiliser un objet magique sur les injonctions de Sacrée Couronne) parle directement au coeur des jeunes enfants et les rassure quant à leur propre développement. Ce qui est dit implicitement aux jeunes psychés et que nous savons depuis les travaux de Bettelheim sur les contes de fées c’est : « Soyez rassurés ! Quelles que soient les épreuves auxquelles vous, petits êtres, serez confrontés, vous saurez trouver le moment venu, le moyen de les surmonter et vous hisser dans ce monde qui vous paraît aujourd’hui démesuré, un monde de Géants ! ».

    Les personnages

    TABAGNINO

    Tabagnino, jeune homme difforme et pauvre, cherche de quoi survivre, faisant face, seul, aux cruautés du monde. Grâce à son ingéniosité et à son courage, il se révèlera «plus malin que le Diable» au cours de ses aventures. Les changements apportés à l’histoire originale de Basile Giambattista sont peu nombreux mais significatifs. Ici, Italo Calvino supprime l’aide du roi, accentuant ainsi le pouvoir de contrôle et l’audace du petit bossu, insistant sur le principe d’autonomisation à l’oeuvre chez ce petit être. En effet, sa capacité d’influer sur son destin croit à chaque nouvelle épreuve et mystérieusement, son dos se redresse.

    L’HOMME FAROUCHE OU L’HOMME SAUVAGE

    Dans les contes, l’ogre incarne le mal et le rencontrer est en général très mauvais signe puisque normalement synonyme d’une mort affreuse pour le malheureux qui croise son chemin. Ce caractère négatif est renforcé par ses victimes les plus prisées : les enfants ; car ces derniers possèdent des caractéristiques totalement contraires : ils sont petits, fragiles, innocents et bien souvent désemparés face à la situation dans laquelle ils sont plongés (opposition au sang froid de l’ogre). Ils n’ont donc, théoriquement, aucune chance de survivre à la rencontre d’un ogre. L’ogre est donc une menace de taille pour les enfants, mais cette menace bien que redoutable, n’est pas insurmontable, car l’ogre n’est pas invincible. Il n’est d’ailleurs jamais le vainqueur à la fin de l’histoire. Il semble être là pour mettre en valeur des qualités qu’il ne possède pas : la ruse et l’intelligence, qui sont les seuls recours pour en venir à bout. A l’instar du récit biblique de David et Goliath, les récits d’ogres semblent avoir pour but de prouver que la vraie valeur ne réside pas en des apparences trompeuses, mais dans un capital intérieur qu’il faut parvenir à exploiter correctement. Il revient dans de nombreuses histoires italiennes, notamment dans les régions alpines. Sa fonction est presque toujours celle d’un bouc émissaire. Il personnifie le côté sombre et la nature incontrôlable des Alpes. Cependant L’Homme farouche et sa femme, même cannibales, ne sont pas des monstres terrifiants. Ils expriment même beaucoup « d’humanité » et sont presque aimables. Italo Calvino trouble sciemment les frontières entre « sauvage » et « civilisé », faisant de cette figure, un être ambivalent, attachant, autour duquel se nouera le récit pour le précipiter dans une chute cocasse.

    LA FEMME DE L’OGRE

    Femme de l’Homme farouche, rien dans le texte ne laisse supposer qu’elle soit une ogresse. Etre primaire, elle est celle qui garde ses instincts, notamment maternels et protège Tabagnino. Elle se présente plutôt comme adjuvent au héros, en prévenant les victimes potentielles du danger qu’ils encourent. La Femme sauvage conserve une part importante d’humanité par sa nature maternelle protectrice. Son caractère est proche de celui des ogres, notamment par son animalité. Elle grouine comme une truie, s’agite comme un animal. Cependant elle est une femme aimante : elle aime son mari, les enfants, manger, rire, tout ce qui relie aux sens.

    LA PRINCESSE DU PORTUGAL

    De tous temps, dans toutes les cultures et dans tous les contes de fées, La Princesse est une jeune fille extrêmement belle et sa pureté légendaire représente la beauté intérieure. Pour le héros, elle symbolise l’affirmation de sa personnalité, c’est à dire la reconnaissance de sa nature masculine et de son épanouissement. Elle est donc l’aboutissement pour Tabagnino. Son dos s’est redressé, il peut désormais vivre une vie d’homme “normale” et accéder au repos du guerrier, à la douceur et à la félicité. Toutefois si dans les contes traditionnels, le personnage de la princesse attend parfois dans l’enfermement et souvent dans la passivité, ici, il agit avec espièglerie et complicité. En quête de liberté, La princesse du Portugal aide Tabagnino et lui envoie des signes d’encouragement tout au long de l’histoire défaisant ainsi les lois du patriarcat .

    LE ROI DU PORTUGAL

    C’est la figure d’autorité du conte, à laquelle notre héros doit se soumettre. C’est le pouvoir et les pièges de la toute puissance qui sont représentés à travers ce personnage. Le Roi symbolise également le pouvoir du langage, de la Langue, de sa puissance performative et institutionnelle. Tout au long du texte, Tabagnino ne cache ni sa défiance ni son ressentiment à son égard. Finalement, il s’agit de questionner l’autorité positive du roi, celle consentie « librement » par le peuple, au regard de l’emblématique autorité négative et du rôle anti-civique et anti-social de l’ogre.

    LE PERROQUET

    Valorisé pour son exotisme, sa couleur chatoyante et sa capacité langagière, il est l’oiseau favori des dames puisqu’il peut être tour à tour attirant, drôle ou ridicule. De nombreux auteurs lui prêtent la capacité de saluer spontanément les empereurs et les rois, comme si le perroquet était l’oiseau de cour par excellence, vivant dans l’entourage des grands qui se plaisent à être flattés par ses paroles. Néanmoins sa représentation conserve une part d’ambiguïté, puisque l’oiseau peut tour à tour symboliser la pureté aussi bien que son envers, la luxure. Au Moyen-Orient et en Inde, le perroquet était souvent le gardien de la vérité (aspect que Voltaire reprit dans Zadig). En effet, présent dans l’intimité des personnages et même parfois omniprésent, puisqu’il peut aisément se déplacer en entrant et en sortant par les fenêtres, il voit et entend tout, et surtout répète tout. Le perroquet est aussi sensiblequ’intelligent. Si le récit joue sur la répétition d’une même situation et du discours, tout le sel repose sur le fait que le perroquet deviendra à son tour un trophée, seul trophée vivant, que Tabagnino doit ramener à Sacrée Couronne. Il marque le temps, rythme les actions et l’avancement de l’intrigue.

    LA SCENOGRAPHIE

    Des espaces se créent et disparaissent donnant ainsi l’illusion du voyage, du mystère, du temps qui chemine, alors que nous suivons « ce petit malin comme le diable » qui doit continuellement « entrer en réflexion » pour berner l’ogre dans des scènes cocasses, où l’on prend plaisir à voir le faible se jouer du plus fort… Imaginé par Olivia Tournade (prix de la scénographie au Festival d’Assilah au Maroc pour « Trois petits cochons »), le décor nous donne à voir ici la maison de l’ogre et son intérieur. Cet intérieur, gargantuesque ventre vermeil de L’Homme farouche, se devine en transparence, à travers les matériaux du décor (lais épais, gris et noirs, qui évoquent les silhouettes des arbres d’une forêt et tout leur mystère). Le décor tourne, comme « la roue qui tourne » et nous découvrons alors le palais du Roi du Portugal avec ses créneaux et ses fenêtres de tulle, faussement transparentes. Le quadrillage Arlequin de gélatines colorées évoque à la fois la tromperie et le théâtre (politique ?), quant au lamé doré, il matérialise l’antre de la richesse, du luxe et de la fête. Une lumière chatoyante accompagne le parcours de Tabagnino, une lumière changeante, mi-obscure figurant le côté aventureux et incertain des différents chemins empruntés. Des contres rouges révèlent aussi parfois la face cachée des situations, notamment : le danger de la maison de l’ogre.

    L’EQUIPE ARTISTIQUE

    Metteuse en scène

    Laurence Janner, diplômée d’une maîtrise en communication et d’une licence d’animation culturelle et sociale, crée le Badaboum théâtre en 1990. Elle en assure la direction artistique, et propose chaque saison des créations à destination du jeune public. Elle a mis en scène de nombreux spectacles notamment: Quichotte (1991), Popeye (1995) La Poupée Scoubidou (1997), Fanfan la Tulipe (1998), Moby Dick (1999), Le Petit Chaperon Rouge (2002), Blancheneige (2003), Rumpelstiltskin (2003), Comment Wang Fô fut sauvé ? (2003), Peau d’Ane (2004), La Barbe-Bleue (2005), Le Vilain Petit Canard (2006), Lulu Poppop (2006), Trois petits cochons (2007), Laci-Le-Fer et le cheveu d’or (2007), Alice au pays des Merveilles (2008), Le Petit Sapin (2010), Les Fables (2012)…

    En tant que comédienne, elle a joué notamment avec Eva Doumbia, Anne Marina Pleiss., Louis Dieuzayde. Elle organise aussi des stages de formation à destination des professionnels du spectacle vivant et de l’enseignement autour de la création jeune public.

    Comédien

    Jonathan Bidot est licencié en Lettres Modernes et Arts du spectacle à l’Université de Rennes, il débute sa carrière de comédien et de metteur en scène en 2001 au Campement, à Rennes, avec Les Princesses en Colère Inoxydable et A Qui Faisons Nous La Guerre ?

    En tant que comédien, il travaille sous la direction de plusieurs metteurs en scène, notamment : Hubert Colas (Purifiés de Sarah Kane aux Bernardines en 2001, Comment cela est-il arrivé de J.Lacoste à Montevideo en 2002), François Tizon (Mélancholia 1, La Dernière Partie créé à Reykjavik en 2002, puis repris en 2004 à Lyon, Bourg en Bresse et au Mans), Laurence Janner (Peau d’âne, Rouge, noir et Ignorant, Blancheneige…).

    Magali Fremin Du Sartel : Quand Magali du Sartel est petite fille et qu’on lui demande ce qu’elle veut faire comme métier plus tard, elle répond : « comédienne, je veux faire des spectacles, je veux que les gens rient, pleurent, je veux jouer…toute ma vie. Ou… bijoutière ! J’aime tout ce qui brille… »

    En 1994, elle crée avec Mathieu Cipriani, la compagnie Radiateur, dans laquelle elle est depuis comédienne et assistante à la mise en scène. Après 5 ans d’études théâtrales à l’université, elle obtient en 2002 un DEA Lettres et Arts. Elle a travaillé sous la direction de Dominique d’Anna, Michel Bijon, Vinciane Saelens, Julien Bucci, Jeremy Beschon, Danièle Bré, Christophe Chave. Depuis 2011, elle travaille avec Jonathan Bidot et Laurence Janner au Badaboum théâtre, en direction du jeune public. Depuis 2013, elle participe à « Cocotte minute production », collectif d’artistes qui crée des projets artistiques et culturels en investissant des lieux atypiques (extérieur, intérieur, urbain, naturel) et chapoté par Cécile Quaranta, Marianne Fontaine et Alexandre Lucchino. Parallèlement, elle participe à des fictions pour la télévision, le cinéma ou la radio. Aux dernières nouvelles, sur la pointe des pieds, elle prépare son premier solo, un « one woman show », un numéro de cabaret fantaisiste aux allures new-burlesque…

    Samir El Karoui : Ayant obtenu un Bac Histoire de l’Art-Théâtre en 2002 et un DEUG Arts du Spectacle-Lettres Modernes en 2004, Samir est diplômé de L’Ecole Régionale d’Acteur de Cannes en 2009 où il a travaillé notamment avec Richard Sammut et Christian Esnay. A l’université, alors qu’il veut déjà être comédien et qu’il suit par ailleurs un cours d’Art Dramatique, il opte pour l’option Cinéma-Photographie et poursuit depuis cette dernière discipline. Depuis 2009, Samir travaille régulièrement avec plusieurs metteurs en scène dont Renaud Marie Leblanc et Vincent Collet, avec qui il a pu être l’interprète de rôles classiques et contemporains. Avec Marie de Basquiat, il a aussi pu explorer l’écriture de plateau en tant que comédien et assistant. Il a aussi participé à des travaux plus performatifs notamment avec Clara Chabalier avec qui il a pu mêler théâtre et photographie.

    Costumes

    Elsa Cassili : Après un DEUG d’arts plastiques à l’Université de Provence, Elsa Cassili se forme à la couture et à la coupe à plat auprès de l’association Droit Fil à Marseille. De 2000 à 2001, elle conçoit et réalise des costumes pour Toni Lane (Soundz Prophet) et Jim (P.M.A. Pertuis). De 2004 à 2005, elle travaille pour l’Opéra de Marseille tout en faisant de la figuration sur divers tournages (publicité, télévision, cinéma…) entre Marseille et Montréal. En 2006, elle devient l’assistante du designer fétichiste québécois Sandra Claros, tout en exécutant des commandes privées de vêtements sur mesure. Depuis 2007, elle conçoit et réalise des costumes pour de nombreuses créations du Badaboum théâtre (Laci-le-Fer et le cheveu d’or, Paramici Roms, La Mascarade de la fanfare Vagabontu) mais aussi pour la compagnie Fluid corporation à Aubagne, et pour la danseuse acrobate toulonnaise Sophie Agnoux.

    Musique

    Jérôme Guitard : Après des études auprès de la SAE (School of Audio Ingeneering) à Paris, Jérôme Guitard, musicien très amateur, est ingénieur son en post production pour le cinéma et la télévision. Il est également animateur technique et scientifique auprès du jeune public, et porteur de projet sur la sensibilisation au son, à l’écoute, au silence et aux environnements sonores.

    Fiche Technique

    Equipe : 3 comédiens – 2 techniciens

    Décors : Dimension : 3,30m X 60cm, qui tourne sur lui même

    Montage : 2 services, soit 8h, sont nécessaires afin d’adapter le décor, de monter l’implantation lumière et de faire les réglages qui s’imposent

    Espace scénique : 7m par 5m, les spectateurs sont assis en frontal, face au dispositif scénographique

    Son : 1 système d’amplification et de diffusion adapté à la salle – 1 lecteur CD raccordé au système d’amplification

    Lumières : 1 console lumière 24 circuits programmable – 4 PC 500 w équipés de porte-gélatine – 3 PC 650w équipés de porte gélatine – 5 projecteurs basse tension (BT) avec variateur – 1 découpe 500w – 1 découpe 650w – 2 pieds – 2 platines

    Durée : 50 minutes